Les yeux plus grands que le ventre

 

 

L’information prolifère et se répand à l’intérieur comme à l’extérieur des foyers. La publicité est omniprésente, jusqu’aux endroits les plus improbables : sur une pompe à essence, dans un ascenseur, des tourniquets, dans nos boîtes aux lettres, sur des poubelles et même sur des fruits. 

Victimes de leur propre succès, les publicitaires sont contraints de trouver des façons de plus en plus inventives et de plus en plus envahissantes de promouvoir un produit, avec pour résultat un encombrement de l’espace public.  Même le ciel n’est pas épargné ; en 2000, le programme spatial Russe envoya une fusée qui affichait une publicité de 9 mètres de long pour Pizza Hut ! 

Beaucoup de voix s’élèvent pour dénoncer le matraquage croissant et l’invasion de la publicité, la saturation de notre système sensoriel, l’enlaidissement de notre environnement ou encore l’empiètement sur notre intimité. Certains publicitaires semblent même s’en inquiéter, car un excès de publicité est contre-productif. La surcharge d’informations peut écoeurer le consommateur qui va se déconnecte du message. 

La publicité utilise des images frappantes et un langage assez vague. Qui ? n’a jamais vu une publicité vanter les mérites d’un détergent qui « rendra votre vaisselle quasiment impeccable » ? Tout réside dans l’ambiguïté du mot « quasiment ». En étant attentif, on remarque une multitude de mots « atténuateurs » comme : « peut-être », « jusqu’à », « autant que » ou « semble »… Les spots publicitaires nous annonce que tel produit « nous donne toujours plus », mais toujours plus de quoi ? Comparé à quoi ? 

Il est facile de se laisser abuser par la prétendues efficacité d’un produit, surtout quand la publicité s’accompagne de statistiques a priori irréfutables…. Le produit paraît donc crédible auprès d’une majeure partie de sa clientèle. Et pourtant à y regarder de plus près, on constate que ces statistiques sont trompeuses : le nombre de clients interrogés est souvent très bas, et l’origine des données toujours floues.   

La pression sociale est une technique particulièrement insidieuse dans la publicité. Ce que l’on appelle théoriquement « erreur ad populum«  : tout le monde le fait – le mange – le porte – le conduit – donc je devrais le faire aussi. Bien sûr, ce n’est pas une bonne raison, mais les slogans publicitaires tels que « le plus vendu en France » jouent sur cette farouche envie de conformisme. Les adolescents sont particulièrement vulnérables à la pression sociale car ils sont en train d’acquérir leurs propres valeurs et de développer une image de soi. Cependant, des recherches récentes incitent à un peu plus d’optimisme ; elles montrent que les adolescents qui ont appris à développer leur esprit critique sont plus à même de modérer leur consommation…. 

Dans la vie quotidienne, notre cerveau gagne du temps en simplifiant les processus de prise de décision, créant des raccourcis qui rendent notre analyse d’un produit plus rapide. Cela sous-entend que de nombreux facteurs personnels et subjectifs (nos expériences passées par exemple) ont plus de poids dans notre prise de décision en tant que consommateur que l’analyse de la valeur du produit et l’évaluation des prix. Les marques omniprésentes nous sont familières, c’est pour cette raison, qu’elles se vendent si bien. Connaître le fonctionnement du cerveau aussi bien que les publicitaires pourrait nous permettre de devenir des consommateurs éclairés, capables d’effectuer les meilleurs choix. 

La capacité de raisonner, en plus d’autres attributs physiques, est sans aucun doute ce qui permet aux êtres humains de se différencier des autres animaux, et ce qui leur a donné le privilège de devenir l’espèce dominante sur Terre. L’observation, l’expérimentation et un raisonnement correct sont les bases de la connaissance, qui a tant amélioré la qualité de la vie des êtres et des peuples. 

Le trop-plein moderne de l’information ronge lentement la vigueur et la rigueur de notre vie mentale. Il étouffe notre liberté à penser, à réfléchir, diminuant notre capacité à créer des connexions pertinentes entre les faits et les idées, handicapant notre compréhension de la complexité du monde qui nous entoure et de nous-mêmes. Quand les individus se trouvent confrontés à une pléthore d’informations, ils deviennent polyvalents, mais cela n’arrange pas leur situation. L’un des effets secondaires les plus communs de cet excès d’informations est la distraction. 

Un petit conseil d’ami, …. laissez tomber de temps en temps votre ordinateur et allez dans les bibliothèques municipales où l’information est organisée de façon claire et sophistiquée : elle permet l’accès rapide à des milliers de livres sur des centaines de sujets différentes. Naviguer entre les rayons des bibliothèques est très utile, mais malheureusement passé de mode, j’en conviens. La plupart de ces établissements s’organisent autour d’un système de classification appelé « classification décimale de Dewey ». Grâce à  ce système, tous les ouvrages qui traitent du même sujet se trouvent à la même place, et les livres dont le contenu a un lien avec ce sujet se trouvent à proximité. 

La distraction n’est pas mauvaise en soi, si tant est que nous comprenions quand elle est souhaitée par notre âme et pourquoi. Si nous cherchons à nous distraire pour fuir une réalité que nous ne souhaitons pas voir, par conséquent, dans ce cas il ne s’agit pas de distraction mais bien de fuite et de déni. 

Mais si nous ressentons le besoin de nous distraire, alors que tout le reste du temps nous avons travaillé dur, dans ce cas, c’est probablement notre âme qui a simplement besoin d’un peu de légèreté dans ce monde si chaotique, l’espace d’un instant.  

C’est ainsi que la distraction peut très bien aller avec la discipline, si tant est encore une fois que cette première soit maîtrisée et que celle-ci n’empêche pas de revenir à la discipline ensuite. La distraction est bénéfique pour l’âme tant qu’elle permet de se ressourcer, pour mieux reprendre sa tâche. Dès lors que la distraction nous détourne de qui nous sommes réellement et de ce pour quoi nous sommes ici sur une trop longue durée, alors c’est là qu’elle devient dangereuse. 

Malheureusement, c’est ce type de distraction, non faite en Conscience, qui est encouragée chez la civilisation humaine cherchant à fuir ses responsabilités.  

1 AMEAcquérir une information n’est pas apprendre ou penser. On ne vit pas pour être informé. Les morceaux du puzzle servent à bâtir des réflexions, des évaluations, qui nous apportent de la compréhension. A l’image de chacun d’entre nous, chaque point d’information prend tout son sens quand il contribue à quelque chose de plus grand que lui-même. 

Le présent est la seule réalité à notre portée : le passé nous a échappé et le futur ne nous appartient pas. Or, nous passons beaucoup de temps à regretter l’un et à appréhender l’autre. Ne pas vivre le moment présent, c’est donc tout simplement vivre dans une illusion. Être dans  » l’ici et maintenant », ce n’est pas se voiler la face devant l’avenir ou agir comme si le passé n’avait pas été. Cesser de se créer des besoins, c’est avoir conscience de ce qui se passe en soi et hors de soi, revenir à ses sensations et à ses émotions, savourer la vie et ne pas fuir systématiquement en cas de gêne ou de douleur… Adopter cette façon d’être au monde est l’une des meilleures solutions pour se protéger du pessimisme ambiant et apaiser ses propres angoisses personnelles. Et, ainsi, plus présent à soi et aux autres, pouvoir sans culpabilité ni complaisance se retourner sur son passé et se projeter dans l’avenir de manière à la fois sereine et réaliste. 

« Habiter son corps », c’est d’abord se mettre à l’écoute de ce que l’on ressent, puis le nommer (le négatif comme le positif). Cela nous permet de nous connecter à la réalité présente (via les sensations), de comprendre ce qui nous arrive (via les émotions). Cela nous permet également d’élaborer une réflexion, des projets, à partir de nos propre « besoins et de nos désirs » et non pas sur ce que l’on nous impose. 

Nous sommes des êtres intelligents et égocentriques, et à ce titre, il parait impossible de ne pas se pencher avec insistance sur notre histoire personnelle, ne serait-ce que par désir d’apprendre de nos erreurs. Si cette tendance part d’un bon sentiment, elle ne doit pas non plus nous empêcher de vivre l’instant présent. Il y aura toujours des choses à planifier ou à regretter, alors autant ne pas se priver d’en faire l’expérience. 

Cette obsession peut être remise en cause grâce à une re-connexion, une volonté de tirer profit des interactions que nous développons de manière quotidienne. 

Le développement de l’écoute active, est à ce titre, l’un des premiers moyens de se sortir d’une réflexion trop personnelle, qui semble obscurcir notre jugement au moment de faire des choix. 

Essayez par vous-mêmes ! 

 

Article de Françoise Salaün

Auteur :francesca7

Administratrice du forum LA VIE DEVANT SOI sur http://devantsoi.forumgratuit.org/

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