La dimension spirituelle de la vie humaine

 

 

 

La Spiritualité, c’est Ce qui nous donne de tenir debout, ce qui nous permet de traverser notre vie sans les formes sinistres, l’immense découragement, la dépression, la solitude… C’est quelque chose que nous devons manger, c’est-à-dire recevoir en nous, à l’intérieur de nous.

Il s’agit donc de la dimension spirituelle de la vie humaine. La première chose que je dirai, c’est que cette dimension n’est pas un luxe. Je l’entends comme quelque chose qui est de la plus haute nécessité. Peut-être le mot spirituel ne convient-il pas parfaitement, parce qu’il est compromis, comme tant d’autres mots de nos langages. Ici, en ce moment, le mot religieux serait, quant à lui, un désastre

La dimension Spirituelle, c’est vraiment quelque chose de l’ordre de la faim. Pour le corps, la faim est impérieuse : il faut manger ou mourir. Mais en ce qui concerne notre esprit, puisque nous parlons du spirituel, existe aussi une faim. La faim que nous soit donné ce-sans-quoi nous risquerions d’être pris dans le désastre qui peut survenir en toute vie humaine : la destruction, l’effondrement, l’angoisse pure. Ou, si vous préférez une version plus positive, le ce-par-quoi nous pouvons humainement vivre.

La distinction fondamentale dans la dimension spirituelle passe, pour moi, entre les vivants et les morts. Pas au sens biologique, bien entendu. Mais au sens où nous savons qu’il y a parmi nous (et cela peut nous arriver) des gens qui sont des morts vivants. Ils vivent, mais dans l’hébétude, ils vivent, mais dans un désespoir profond. Et il y a des vivants qui arrivent à vivre alors que, apparemment, ils sont écrasés par la maladie, le manque, etc. C’est ce choix qui est en cause dans ce que l’on peut appeler le spirituel dont je pense – et cela a quelques conséquences – que dans nos langages, il n’y a pas de mots pour désigner cela convenablement.

 

Mon ami demande à un jeune homme : « Qu’est-ce qui est important pour toi ? » Le jeune homme lui répond : « En quel domaine ? » Mon ami insiste : « Qu’est-ce qui est vraiment important ? » Et le jeune homme lui a répondu : « Les relations humaines. » Peut-être qu’en effet, si nous essayons d’entrer par-là, la chose qui peut apparaître capable de nous réunir sinon tous, au moins beaucoup, c’est que ce qui est essentiel à la voie, c’est une certaine qualité de la relation entre nous. Et ce qui apparaît peut apparaître d’abord comme une éthique de la fraternité. Peut-être beaucoup plus que cela. Peut-être faut-il beaucoup plus….

On peut certes faire l’éloge de la fraternité, de l’amour entre nous – mais sur le terrain, qu’est-ce que ça devient ? Entre mari et femme, parents et enfants, frères et soeurs, compagnons de travail, amis, patrons et ouvriers, etc. ? Sur le terrain, cette relation peut-elle résister à tout ce qui tend à la détruire, à la déformer ?

Comment faut-il envisager ce qui nous est apparu comme une vérité incontestable, la chose qu’il faut à tout prix sauver car sinon nous sommes perdus, quand nous sommes en relation avec l’ennemi, l’étranger ou – pire que tout ! – l’ennemi étranger ? Or, il arrive trop souvent que l’ennemi et l’étranger, c’est aussi le proche : dans la Genèse, l’archétype du meurtre, c’est le meurtre du frère, Caïn tue Abel. Et ce n’est pas à vous que j’apprendrai que parmi les menaces les plus dures, les plus redoutables contre ce que j’évoque, il y a les relations proches

Quelle humanité, alors, doit surgir ou resurgir en nous pour que nous puissions vaincre ces pièges ? Depuis les débuts des temps historiques, les humains ont ressenti l’enjeu que j’évoquais tout au début. Il y a eu les mythes, les sagesses, les religions : il faut bien assumer ça, que nous, les humains, nous ayons en quelque sorte à construire ce que nous pouvons être, si nous ne voulons pas être détruits. Mais pour éclairer la chose, je ferai la distinction entre deux attitudes qui, historiquement, ont du répondant. La première attitude est fréquente dans les sagesses : pour que l’être humain se tienne humainement, ce qu’il doit arriver à quitter, à éliminer, c’est le trouble…..

 

[…] lire la suite… https://www.grep-mp.com/wp-content/uploads/2016/10/ComteS-Bellet2011Final.pdf

 Françoise Salaün  partage un  Extraits de : La dimension spirituelle de l’homme par André Comte-Sponville et Maurice Bellet

 

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Auteur :francesca7

Administratrice du forum LA VIE DEVANT SOI sur http://devantsoi.forumgratuit.org/

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