La place de l’homme dans la nature

 

 

L’idée que l’homme est un élément parmi d’autres de la nature peut conduire à un certain fatalisme par rapport aux risques naturels. C’est le cas par exemple de l’univers japonais, où le mot « tonnerre », se traduit par « grondement des divinités ».

Pour la culture traditionnelle japonaise, l’homme n’est guère plus qu’un élément du cycle de la nature, et tout ce qui a une forme est appelé à disparaître.

Les Japonais sont évidemment très sensibles aux variations climatiques et aux caprices du sol, comme les tremblements de terre. Mais ils ont à son égard une attitude assez différente de celle des occidentaux. Par exemple, Tetsuo Yamaori explique ainsi qu’au Japon, la nature n’est ni bonne, ni mauvaise. « ELLE EST » un point c’est tout.

Il faut coexister avec elle, car l’homme fait partie du cycle de la vie. Ignorer cette réalité revient à la défier. Et l’on sera toujours perdant dans ce combat. Les Anciens savaient que lorsque la nature se déchaîne, on ne peut pas faire grand-chose, et à leur manière, ils géraient les crises en cherchant à apaiser les éléments par des prières, et en écoutant leurs signes avec une sagacité pratique.

L’eau, ressource limitée, indispensable à la vie et la survie des hommes, est depuis des siècles l’objet de très âpres batailles, portant sur sa disponibilité, sa qualité, son appropriation. Mais si les enjeux de la maîtrise de l’eau sont avant tout économiques et géostratégiques, ils sont aussi de nature symbolique (en français les mots « rivière » et « rivalité » ont la même racine) et les exemples sont nombreux des conséquences de la non-prise en compte des représentations culturelles et sacrées de la valeur de l’eau.

L’eau revêt en effet un caractère sacré dans la plupart des civilisations…..

La relation de l’homme avec l’environnement / la nature, ou plutôt les relations de l’humanité avec son milieu naturel, constitue un sujet dont le traitement, même sommaire, requiert des notions qui impliquent le mythe, les traditions, les religions, les cultures, les systèmes philosophiques, politiques et économiques. L’écologie, par excellence science interdisciplinaire, (méta)science des interactions, trouve ici un vaste champ d’étude, à son niveau culturel et idéologique. La relation homme – nature tient aussi de la philosophie (parce qu’il s’agit de la place de l’homme dans le monde). L’homme n’est pas imaginable hors de son environnement – son évolution et son histoire se sont déroulées dans cet environnement, lui aussi, avec sa propre histoire.

Les religions primitives ont eu leurs origines dans le contact même des hommes archaïques avec la nature. De la disproportion entre son pouvoir et celui des éléments naturels, l’homme primitif ayant acquis le sentiment de l’existence d’une réalité qui transcende ce monde, serait entré en contact avec le sacré. Il est utile de souligner ici, d’après Otto (in Poupard, 1989), le fait que ce premier pas de l’apparition de l’Homo religiosus a fait naître en l’homme un sentiment de dépendance. Les religions, les croyances archaïques partent de la nature, d’où leur classification sous le nom de naturalisme: animisme, totémisme, chamanisme etc.

Les croyances de ce type reposent sur l’existence des esprits – entités invisibles qui animent les pierres, les rivières, les animaux, les arbres etc. Les rêves et les mythes sont des  instruments principaux dans ce type de perception et les représentations par des métaphores s’accompagnent de pratiques magiques. En animisme, il n’y a pas de différence entre l’âme et l’esprit. Les propriétés et le comportement de l’homme sont attribués aux composantes non humaines de l’environnement (anthropomorphisation, personnification). Comme toute chose a un esprit, le monde est aussi habité par les esprits des ancêtres, la vie des hommes ne doit pas entrer en antagonisme avec les choses, la nature. L’idée de l’harmonie avec l’environnement s’en dégage.

La transgression des lois naturelles, l’irrespect des esprits attire le malheur. Ecologiquement, cette attitude est correcte, à la nuance près que ses fondements ne sont pas scientifiques, comme c’est aussi le cas des attitudes égocentrées modernes. Atran (in Hatano, 1999) soutient que les explications au sein de l’animisme portent plutôt sur un univers imaginaire que réel.

Un réapprentissage de nos rôles de créatures (plutôt que de dieux !) nous conduirait à une attitude beaucoup plus environmentally friendly, même dans le cadre de nos religions

 De toutes les manières, le monde, la nature ne sont qu’un objet d’étude (et d’exploitation) dont les secrets n’attendent que d’être dévoilés. L’univers est un immense mécanisme, le corps humain est un mécanisme, le corps de l’animal, un autre (mais dépourvu de raison).

L’effort de la connaissance se dirige vers le déchiffrage des lois de fonctionnement de ces mécanismes.

 Françoise Salaün  partage

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Auteur :francesca7

Administratrice du forum LA VIE DEVANT SOI sur http://devantsoi.forumgratuit.org/

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