Le bonheur vient sans invitation

 

 

Si vous avez envie de faire quelque chose d’agréable, vous pensez qu’en le faisant cela vous rendra heureux.

Vous pouvez vouloir épouser l’homme le plus riche ou la fille la plus belle, ou réussir un examen, être couvert de louanges, et vous croyez qu’en parvenant à vos fins vous allez être heureux. Mais est-ce cela, le bonheur ? Ce bonheur-là n’est-il pas éphémère, comme la fleur qui s’ouvre le matin et se fane le soir ?

Pourtant, telle est notre vie, et c’est tout ce que nous désirons. Nous nous satisfaisons de choses tellement superficielles, comme avoir une voiture ou une situation stable, ressentir un peu d’émotion pour des futilités, à l’image d’un enfant tout heureux de jouer avec son cerf-volant contre la force du vent, et qui fond en larmes quelques minutes après. Telle est notre vie, et nous nous en contentons. Jamais nous ne disons: « Je vais consacrer mon coeur, mon être, toute mon énergie, à  la découverte de ce qu’est le bonheur. »

Mais nous ne sommes pas suffisamment sérieux, suffisamment passionnés par la question, nous nous satisfaisons donc de broutilles.

francesca 2019Inutile de courir après le bonheur car il n’est qu’une conséquence, un effet imprévu. Le poursuivre en tant que tel n’aura jamais aucun sens. Le bonheur vient sans invitation, et dès l’instant où vous avez conscience d’être heureux, vous cessez de  l’être. L’avez-vous remarqué? Quand vous êtes soudain joyeux sans raison particulière, il n’y a rien d’autre que cette liberté de sourire, d’être heureux ; mais dès l’instant où vous êtes conscient de ce bonheur, il vous échappe déjà, n’est-ce pas? Être conscient de son bonheur, ou courir à sa poursuite, sonne le glas du bonheur. Le bonheur n’existe qu’une fois laissés de côté le moi et ses exigences.

On vous apprend des quantités de choses sur les mathématiques, vous consacrez vos journées à étudier l’histoire, la géographie, les sciences, la physique, la biologie, etc. Mais vous et vos professeurs, consacrez-vous ne serait-ce qu’une minute à ces questions pourtant autrement sérieuses? Vous arrive-t-il de rester tranquillement assis, le dos bien droit, sans bouger, et d’apprendre à connaître la beauté du silence ?

Et au lieu de vous attarder sur des choses mesquines, laissez-vous jamais votre esprit voyager librement, au hasard d’horizons vastes et profonds, faisant ainsi des explorations et des découvertes ?

Êtes-vous au courant de ce qui se passe dans le monde? Ce qui se passe dans le monde est le reflet de ce qui se passe en chacun d’entre nous: le monde n’est autre que ce que nous sommes. Nous sommes le plus souvent agités, âpres au gain, possessifs, nous sommes jaloux et prompts à condamner les autres, et c’est exactement ce qui se passe dans le monde, mais de manière plus dramatique et plus cruelle. Pourtant, ni vous ni vos professeurs ne consacrez de temps à réfléchir à tout cela. Or ce n’est que lorsqu’on passe tous les jours un certain temps à réfléchir avec ardeur à ces questions que s’ouvre une possibilité de déclencher une révolution totale et de créer un monde nouveau. Et, je vous l’assure, il est impératif de faire naître un monde nouveau, un monde qui ne soit pas le prolongement sous une autre forme de la même société pourrie.

Mais il sera impossible de créer un monde nouveau si votre cerveau n’est pas alerte, attentif, très largement conscient ; c’est pourquoi il est si important, alors que vous êtes jeunes, de consacrer du temps à l’étude de ces questions très sérieuses au lieu de passer vos journées à l’étude de quelques sujets restreints, ce qui ne mène nulle part, sinon à un emploi et à la mort. Considérez donc tous ces éléments avec le plus grand sérieux, car de cette considération surgit un extraordinaire sentiment de joie, de bonheur.

Voyez-vous, nous scindons la vie en deux: la vraie vie, et la fausse.

La vraie vie consiste à faire ce que vous aimez, en y impliquant tout votre être, pour qu’il n’y ait aucune contradiction interne, pas de guerre entre ce que vous faites et ce que vous croyez devoir faire. La vie est alors un processus parfaitement intégré, source d’une formidable joie. Mais cela n’est possible que lorsque, psychologiquement, vous ne dépendez de personne ni d’aucune société, lorsque le détachement intérieur est total, car c’est seulement alors qu’il vous est possible d’aimer vraiment ce que vous faites. Si vous êtes en état de révolution totale, peu importe que vous fassiez du jardinage, que vous deveniez Premier ministre, ou que vous fassiez autre chose : vous aimerez ce que vous faites, et cet amour est source d’un sentiment extraordinaire de créativité.

 

 Françoise Salaün partage  Krishnamurti

 

 

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Auteur :francesca7

Administratrice du forum LA VIE DEVANT SOI sur http://devantsoi.forumgratuit.org/

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