L’égalité n’existe pas

 

 

….. car nous avons tous de nombreuses aptitudes différentes ; mais nous parlons de l’égalité au sens où tous les hommes devraient être traités de manière identique. A l’école, par exemple, les postes de principal, de professeur ou de coordinateur ne sont que des fonctions professionnelles, un métier ; mais certaines fonctions, certains métiers vont de pair avec un certain statut social, et ce statut est respecté parce qu’il implique un pouvoir, un prestige, cela veut dire qu’on est en position de sélectionner les gens, de leur donner des ordres, d’attribuer des postes aux amis et aux membres de sa famille. Fonction et statut vont de pair.

Mais si l’on pouvait éliminer toute notion de statut social, de pouvoir, d’influence, de prestige, de privilèges distribués, la fonction prendrait un tout autre sens, n’est-ce pas ?

Dans ce cas, qu’il soit gouverneur, Premier ministre, cuisinier ou simple instituteur, chacun serait traité avec le même respect puisque chacun assume une fonction différente mais indispensable à la société.

Savez-vous ce qui se passerait, tout particulièrement dans une école, si l’on pouvait réellement ôter à la fonction toute connotation de pouvoir, d’influence, de prestige – ce sentiment qui fait dire : « Je suis proviseur, donc je suis important » ? Nous vivrions tous dans une atmosphère tout à fait différente, n’est-ce pas ? Il n’y aurait pas d’autorité au sens d’une distinction entre le haut et le bas, entre l’homme important et l’homme modeste, et la liberté régnerait. Et il est essentiel pour nous de créer cette atmosphère au sein de l’école, une atmosphère de liberté où l’amour soit présent, où chacun ait un immense sentiment de confiance ; car en fait la confiance naît lorsqu’on se sent parfaitement à l’aise, totalement rassuré. Vous sentez-vous à l’aise chez vous si votre père, votre mère et votre grand-mère ne cessent de vous dire ce qu’il faut faire, de sorte que vous perdez peu à peu toute confiance de pouvoir agir seul ?

En grandissant, vous devez être capables de discuter, de découvrir ce que vous estimez vrai, et de tenir bon. Vous devez être capables de soutenir ce que vous pensez être juste, même si cela est source de douleur, de souffrances, de pertes d’argent, et j’en passe ; mais pour y parvenir, vous devez, dès votre plus jeune âge, vous sentir complètement rassurés et à l’aise.

La plupart des jeunes ne se sentent pas en sécurité car ils ont peur. Peur de leurs aînés, de leurs professeurs, de leurs père et mère, ils ne se sentent donc jamais à l’aise. Mais lorsque vous vous sentez vraiment bien, il se passe quelque chose de très étrange. Lorsque vous pouvez aller dans votre chambre, en fermer la porte à clé, et y rester seul sans que quiconque le remarque, sans que quiconque vous dise ce que vous avez à faire, cela vous sécurise complètement ; vous commencez à vous épanouir, à comprendre, à vous révéler.

Vous aider à vous révéler : telle est la fonction de l’éducation, et si l’école ne contribue pas à vous révéler, ce n’est pas du tout une école.

Lorsqu’on se sent bien quelque part, au sens où l’on se sent en sécurité, et pas  rabaissé, pas contraint de faire telle ou telle chose, lorsqu’on se sent très heureux, complètement à l’aise, alors on n’est pas méchant, n’est-ce pas? quand on est vraiment heureux, on n’a pas envie de faire du mal à qui que ce soit ni de détruire quoi que ce soit. Mais faire en sorte que l’élève soit parfaitement heureux est une tâche extrêmement difficile, car l’enfant vient à l’école avec l’idée que le directeur, les professeurs et les surveillants vont lui imposer des choses et lui donner des ordres, d’où un sentiment de peur.

Vous venez pour la plupart de familles ou d’écoles dans lesquelles on vous a enseigné le respect du statut social. Votre père et votre mère jouissent d’un certain statut, le directeur aussi, vous arrivez donc ici en étant craintifs, et respectueux de ce statut. Mais nous devons créer au sein de l’école une véritable atmosphère de liberté, et cela n’est possible que si la fonction est dissociée du statut, et qu’il existe donc un  sentiment d’égalité. La vraie préoccupation d’une éducation authentique est de contribuer à faire de chacun de vous un être humain plein de vitalité et de sensibilité, sans peur et sans faux sentiment de respect lié à un statut quelconque.

 

 Françoise Salaün partage  Krishnamurti 1963 dans « Le sens du bonheur »

 

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Auteur :francesca7

Administratrice du forum LA VIE DEVANT SOI sur http://devantsoi.forumgratuit.org/

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